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La foi agit de pair avec l’évolution de
l’esprit, puisqu’elle est, en quelque sorte,
inhérente à celui-ci. Néanmoins, il est
juste de dire aussi que la foi fait corps
avec l’esprit, car Dieu a créé l’esprit dans
un mouvement de foi. Nous portons en nous le
résultat de la foi la plus forte qui n’est
jamais existée, et qui ne sera jamais
égalée.
La foi en Dieu attend, prête à germer dans
le cœur de chaque homme. Mais elle ne se
commande pas, ne s’impose pas. Elle
s’acquiert. Elle n’est refusée à personne,
il faut aller à sa rencontre avec sincérité.
Mais pour construire sa foi, il faut une
base solide. Il ne suffit pas de croire ou
de voir, il faut comprendre. On croit parce
qu’on est certain, et l’on est certain que
lorsque l’on a compris. Une foi aveugle, une
foi qui accepte et se soumet sans
discernement ne présente aucun intérêt. Les
bons esprits nous demandent de raisonner, de
juger, de douter et de comprendre. Le
raisonnement est une faculté supérieure
destinée à nous éclairer en toute chose. La
foi et la raison se vivifient l’une et
l’autre. Notre foi doit reposer sur une base
solide fondée sur le libre examen et la
liberté de penser. C’est le moteur de
l’esprit qui permettra de nous donner la
persévérance, l’énergie et les ressources
pour vaincre les obstacles.
La foi aveugle est basée sur des dogmes, des
doctrines, des règles. Cette foi qui
n’explique rien mais qui impose, qui cache
ses faiblesses derrière des mystères, qui
croit suppléer la force par la violence et
qui peut conduire jusqu’au fanatisme, ne
peut survivre car elle ne résistera pas à
l’évolution. A terme, elle ne peut
qu’engendrer le doute et se discréditer
elle-même. Préconiser une foi aveugle, c’est
avouer son impuissance à démontrer qu’on a
raison. C’est accepter sans contrôle le vrai
comme le faux, c’est refuser l’évident,
c’est rejeter le raisonnement.
Seule une foi éclairée, une foi fondée sur
la raison, une foi qui juge, discerne et
comprend sera à même de régénérer
l’humanité. Avec elle on pourra déplacer les
montagnes. « Si vous aviez la foi comme un
grain de sénevé, vous diriez à cette
montagne : Transporte-toi d’ici là, et elle
s’y transporterait, et rien ne vous serait
impossible » (Saint Matthieu). Ces montagnes
représentent les embûches, les épreuves, les
résistances, les préjugés, l’égoïsme et le
matérialisme.
C’est cette foi raisonnée qui nous donne les
ressources, la persévérance, l’énergie pour
vaincre les obstacles. Cette foi sincère et
vraie est toujours emprunte de calme, de
patience et de sérénité car elle est
certaine d’arriver à son but. Cette foi,
associée au magnétisme, agit sur le fluide
universel, en modifie les qualités et donne
une puissance et une force irrésistible.
C’est ainsi par exemple que celui qui
possède une grande puissance fluidique,
associée à une volonté orientée vers le bien
est capable des phénomènes étranges de
guérisons, conséquences de la loi naturelle
et universelle.
La foi se doit d’être active. La foi
engendre l’espérance et la charité. La foi
n’est jamais complète sans l’amour ; en fait
ce dernier est l’ultime but de la foi.
Celle-ci chargée de l’amour, empreinte
éternelle de Dieu dans la création, peut
atteindre des proportions insoupçonnables.
Dieu a dirigé sa volonté par l’atout premier
de sa divinité : l’Amour.
Notons que la foi est communicative, elle
sait trouver les mots qui vont à l’âme.
C’est pourquoi il faut prêcher par l’exemple
de notre foi, dans notre vie de chaque jour.
A tout instant elle doit briller,
resplendir, réchauffer comme un brasier
d’amour et de joie. Elle doit être le témoin
de notre certitude, de la continuité de la
vraie vie, de l’immortalité de l’âme de la
pérennité des liens qui ont uni, ici bas,
tous ceux qui se sont aimés.
En conclusion, nous dirons que la foi est la
base de la régénération et le moteur de
notre évolution spirituelle. Malgré ceci, la
foi peut être éloignée facultativement de
l’amour et utilisée dans un but malveillant.
L’action de l’homme engendrée par la foi mal
employée, a toujours pour conséquence
l’expiation. Lorsque l’humanité sera
régénérée, le vice fera place à la vertu.
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